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Entrevue avec Scott McKay, le chef du Parti vert du Québec, 2e partie

Entrevue avec Scott McKay, le chef du Parti vert du Québec, 2e partie
Al Gore est devenu la figure de proue de la lutte contre le réchauffement climatique. Grâce à son documentaire, il a obtenu un oscar. Son livre est devenu un best seller. Son film a été distribué dans 35 pays et va bientôt être introduit dans les écoles et les églises. Vous ne trouvez pas qu'il y a anguille sous roche? Ca ne sent pas un peu l'opportunisme? Vous ne pensez pas qu'il ait un agenda caché?

Réponse : Je pense que le bien que fait M. Gore en utilisant sa renommée internationale pour sensibiliser la population au problème du réchauffement climatique est infiniment plus important que le fait qu'il en profite financièrement. Je n'ai aucune idée des sommes qui sont en jeu mais je suis sur l'impression qu'une bonne partie de l'argent amassé est ré-investis dans la poursuite de son œuvre. Les Américains ont une façon de procéder qui nous semble douteuse, à cause des sommes d'argent et des moyens impressionnant en jeu. Toutefois, on doit avouer que c'est efficace comme impact. Au cours de la campagne électorale au Québec, de nombreux citoyens m'ont parlé de la campagne de M. Gore et j'estime qu'il apporte beaucoup de crédibilité à la campagne contre le réchauffement climatique.

Vers la fin du film, Al Gore demande aux citoyens d'utiliser moins souvent leurs voiture, de planter des arbres, et de se battre pour que l'Amérique gèle les niveaux d'émission en dioxyde de carbone. C'est ironique parce que la facture d'électricité de sa superbe villa est douze fois plus élevée que celle du foyer américain moyen. Sur de nombreux sites internet, on diabolise Al Gore. De nouveaux films, The Great Global Warming Hoax et L'imposture du réchauffement global, mettent en scène des scientifiques qui réfutent l'idée que les émissions de CO2 sont responsables du réchauffement planétaire. Al Gore, est-ce un martyr ou tout simplement un imposteur?

Réponse : Al Gore n'est ni un martyr, ni un imposteur. J'ai eu l'occasion de répondre à vos questions concernant les négationnistes du réchauffement : bien que je respecte la droit fondamental à la liberté d'expression, je crois que leur point de vue est aussi crédible que celui des négationnistes de l'extermination des Juifs lors de la seconde guerre mondiale et des négationnistes de la théorie de l'évolution. Il est aussi irresponsable de leur accorder de l'attention.


Dans le documentaire, L'imposture du réchauffement global, on montre un hôpital kenyan où les médécins doivent choisir entre s'éclairer ou brancher le minuscule réfrigérateur où sont stockés vaccins et médicaments. «Priver les gens du droit à l'électricité, c'est génocidaire». Que pensez-vous d'une telle affirmation?

Réponse : Je répète qu'il est irresponsable d'accorder de l'attention aux négationnistes, surtout lorsqu'ils tombent dans la démagogie. Pour les jeunes esprits qui liront ceci et dont l'avenir est en jeu, je vous dis que nous devons tenir compte que ce sont les populations dans le Nord qui ont pillé les ressources de la planète depuis l'industrialisation et que ce sont les gens du Sud qui subiront le plus gravement les conséquences du réchauffement. Quel paradoxe cruel! C'est ce qui fait dire à bien des gens que la lutte au réchauffement planétaire n'est plus une question politique. C'est devenu une question éthique, un devoir comme être humain.

Une note de réflexion : il y a 30 ans, les promoteurs de l'énergie nucléaire disaient que les écologistes voulaient nous ramener au temps de l'éclairage à la chandelle : « freeze in the dark ». Nous leur répondions que eux voulaient que la population devienne phosphorescente : « glow in the dark ». C'était avant les incidents de Three Miles Island et de Tchernobyl... En bref, le passé nous démontre que les écolos ont, malheureusement, raison.
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# Posted on Wednesday, 06 June 2007 at 1:30 PM

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