Scott McKay a été élu chef du Parti vert du Québec le 28 mai 2006. Titulaire d'une maîtrise en sciences de l'environnement, il oeuvre comme spécialiste en traitement des eaux au sein de la firme Mabarex.
Question: Le «réchauffement climatique», l'expression est devenue galvaudée: tout le monde en parle mais peu de gens savent ce que ça signifie vraiment. Je sais que la question est vaste mais, pouvez vous nous expliquer brièvement en quoi consiste le réchauffement climatique?
Réponse : Le réchauffement climatique résulte de l'effet de serre qui est créé par l'accumulation dans l'atmosphère terrestre de différents gaz, comme le gaz carbonique. Ces gaz capturent le rayonnement solaire qui serait normalement diffusé hors de l'atmosphère terrestre et il s'ensuit un réchauffement global. Le gaz carbonique (C02) est produit naturellement par les organismes vivants et par les plantes, mais nous en consommons aussi, ce qui a un effet neutre. Toutefois, lorsque nous brûlons des carburants fossiles, nous dégageons des quantités additionnelles de gaz carbonique qui s'accumule et qui cause le réchauffement de la planète. D'autres gaz, tel que le méthane (ou biogaz) ont un effet plusieurs fois plus néfaste que le C02 en tant qu'effet de serre car ils captent le rayonnement solaire plus efficacement.
Question: De nombreuses personnes et des scientifiques come Richard Lindzen ou Claude Allègre affirment que le réchauffement de la planète, c'est une juste une supercherie. On voit déjà apparaître un mouvement négationniste. Que pensez-vous du mouvement négationniste?
Réponse : Comme il est difficile de nos jours d'obtenir un consensus parfait! C'est le lot d'un système démocratique de laisser place à l'expression de toutes les opinions. Un tel mouvement négationniste permet aux citoyens de pouvoir comparer les opinions et de se forger leur idée propre. Il importe toutefois que ce type de point de vue soit présenté pour ce qu'il est, c'est-à-dire une perversion de la science, une insulte à l'intelligence et un affront irresponsable aux générations futures.
Question: Récemment je lisais une lettre ouverte de Richard Lindzen. Il tenait des propos assez controversés. Il affirmait ceci : «De la vague de chaleur à Paris aux chutes de neige anormales à Buffalo, tout a été mis sur le dos des gens qui consomment de l'essence pour leur voiture, du gaz naturel et du charbon pour réchauffer, rafraîchir ou équiper leur foyer en électricité. Mais comment une hausse à peine discernable d'un degré dans la température moyenne du globe depuis la fin du XIXe siècle a-t-elle pu être considérée par le public comme la cause des récentes catastrophes météorologiques ? Et comment cela peut-il se traduire par des affirmations hasardeuses au sujet de catastrophes futures?». Quelles sont vos réactions / impressions quand vous lisez de tels propos?
Réponse : Ce type de propos me confirme que l'opposition de ces personnes n'a rien de scientifique. Cette argumentation est essentiellement basée sur un sophisme* : comment une hausse à peine discernable d'un degré peut-il causer de si terribles catastrophes? Hé bien, il faut simplement considérer que notre planète n'est pas figée, que ce petit degré ne se réparti par partout de la même façon et en même temps sur le globe, qu'il y a des effets d'entraînement et des boucles de rétroaction complexes qui amplifient les effets. Une connaissance plutôt simple des boucles écosystémiques permet de saisir facilement comment une hausse des températures relativement mince peut générer des événements climatiques extrêmes. Afin de saisir l'ampleur des changements climatiques, qu'il suffise de rappeler à M. Lindzen que c'est une différence de température de seulement 5 degrés qui différencie notre climat actuel de celui qui prévalait pendant l'ère glaciaire. «Une hausse à peine discernable d'un degré dans la température moyenne du globe depuis la fin du XIXe siècle », c'est en fait énorme! Et c'est vers une hausse de quelques 5 degrés vers laquelle nous nous dirigeons allégrement...
Question: Dans la même lettre M. Richard Lindzen a également affirmé ceci: «Des affirmations scientifiques ambiguës sont exagérées par ceux qui ont un intérêt à défendre une position alarmiste, ce qui augmente les enjeux politiques pour les décideurs qui attribuent plus de crédits à la recherche scientifique qui produit des résultats alarmistes et qui augmentent encore les enjeux. Après tout, qui a envie de consacrer de l'argent à la recherche, qu'il s'agisse du SIDA, de l'espace ou du climat, s'il n'y a rien d'inquiétant ? En fait, le succès de l'alarmisme climatique peut être mesuré par l'augmentation des dépenses fédérales américaines en recherche climatologique, qui sont passées de quelques centaines de millions de dollars avant 1990 à 1,7 milliard de dollars. Il peut aussi être observé dans l'augmentation des dépenses dans les technologies solaires, éoliennes, liées à l'éthanol et au « charbon propre », ainsi que dans les autres investissements liés à l'énergie.» Pouvez-vous commenter cette déclaration?
Réponse : Depuis 20 ans que les données de la science sur les changements climatiques sont connues, pourtant ce n'est que depuis quelques années que des politiques publiques sont en place pour tenter de contrer le phénomène. En fait, ce n'est que parce que ce sont les pires scénarios qui s'avèrent que les pouvoirs publics commencent à réagir. Pour moi, ces actions sont encore trop peu, trop tard.
Il est en effet trop tard pour prévenir les changements climatiques que nous commençons simplement à percevoir. Les investissements qui seront requis pour prévenir les pires conséquences des changements climatiques doivent être beaucoup plus importants que ce que nous percevons actuellement. Surtout, il faudra des mesures cohérentes, c'est-à-dire que nous ne pourrons plus nous permettre d'augmenter les dépenses dans les technologies propres tout en continuant à construire plus de ponts et d'autoroutes et d'augmenter le kilométrage sur les routes.
J'aimerais finalement mentionner qu'on estime à environ 1% du PIB les investissements requis pour prévenir les pires conséquences des changements climatiques. C'est bien peu comparativement aux impacts économiques négatifs, évalués à au moins 5% du PIB. L'impact négatif des changements climatiques sera équivalent à celui de la dernière guerre mondiale sur l'économie. Il est grand temps qu'on s'en occupe! C'est en tout cas le sens profond de mon engagement politique.
Notes :
* : Un sophisme, ou argument à logique fallacieuse, est un raisonnement qui apparaît comme rigoureux et logique, mais qui en réalité n'est pas vrai (à ne pas confondre avec valide). Le sophisme repose sur le moteur du syllogisme. L'adjectif fallacieux désigne ce qui est mensonger. La logique désigne en rhétorique l'art de construire un discours cohérent. Nous avons donc affaire à une contradiction dans les termes. Une logique fallacieuse est une logique fausse indépendamment de la véracité des postulats et de la conclusion.
Question: Le «réchauffement climatique», l'expression est devenue galvaudée: tout le monde en parle mais peu de gens savent ce que ça signifie vraiment. Je sais que la question est vaste mais, pouvez vous nous expliquer brièvement en quoi consiste le réchauffement climatique?
Réponse : Le réchauffement climatique résulte de l'effet de serre qui est créé par l'accumulation dans l'atmosphère terrestre de différents gaz, comme le gaz carbonique. Ces gaz capturent le rayonnement solaire qui serait normalement diffusé hors de l'atmosphère terrestre et il s'ensuit un réchauffement global. Le gaz carbonique (C02) est produit naturellement par les organismes vivants et par les plantes, mais nous en consommons aussi, ce qui a un effet neutre. Toutefois, lorsque nous brûlons des carburants fossiles, nous dégageons des quantités additionnelles de gaz carbonique qui s'accumule et qui cause le réchauffement de la planète. D'autres gaz, tel que le méthane (ou biogaz) ont un effet plusieurs fois plus néfaste que le C02 en tant qu'effet de serre car ils captent le rayonnement solaire plus efficacement.
Question: De nombreuses personnes et des scientifiques come Richard Lindzen ou Claude Allègre affirment que le réchauffement de la planète, c'est une juste une supercherie. On voit déjà apparaître un mouvement négationniste. Que pensez-vous du mouvement négationniste?
Réponse : Comme il est difficile de nos jours d'obtenir un consensus parfait! C'est le lot d'un système démocratique de laisser place à l'expression de toutes les opinions. Un tel mouvement négationniste permet aux citoyens de pouvoir comparer les opinions et de se forger leur idée propre. Il importe toutefois que ce type de point de vue soit présenté pour ce qu'il est, c'est-à-dire une perversion de la science, une insulte à l'intelligence et un affront irresponsable aux générations futures.
Question: Récemment je lisais une lettre ouverte de Richard Lindzen. Il tenait des propos assez controversés. Il affirmait ceci : «De la vague de chaleur à Paris aux chutes de neige anormales à Buffalo, tout a été mis sur le dos des gens qui consomment de l'essence pour leur voiture, du gaz naturel et du charbon pour réchauffer, rafraîchir ou équiper leur foyer en électricité. Mais comment une hausse à peine discernable d'un degré dans la température moyenne du globe depuis la fin du XIXe siècle a-t-elle pu être considérée par le public comme la cause des récentes catastrophes météorologiques ? Et comment cela peut-il se traduire par des affirmations hasardeuses au sujet de catastrophes futures?». Quelles sont vos réactions / impressions quand vous lisez de tels propos?
Réponse : Ce type de propos me confirme que l'opposition de ces personnes n'a rien de scientifique. Cette argumentation est essentiellement basée sur un sophisme* : comment une hausse à peine discernable d'un degré peut-il causer de si terribles catastrophes? Hé bien, il faut simplement considérer que notre planète n'est pas figée, que ce petit degré ne se réparti par partout de la même façon et en même temps sur le globe, qu'il y a des effets d'entraînement et des boucles de rétroaction complexes qui amplifient les effets. Une connaissance plutôt simple des boucles écosystémiques permet de saisir facilement comment une hausse des températures relativement mince peut générer des événements climatiques extrêmes. Afin de saisir l'ampleur des changements climatiques, qu'il suffise de rappeler à M. Lindzen que c'est une différence de température de seulement 5 degrés qui différencie notre climat actuel de celui qui prévalait pendant l'ère glaciaire. «Une hausse à peine discernable d'un degré dans la température moyenne du globe depuis la fin du XIXe siècle », c'est en fait énorme! Et c'est vers une hausse de quelques 5 degrés vers laquelle nous nous dirigeons allégrement...
Question: Dans la même lettre M. Richard Lindzen a également affirmé ceci: «Des affirmations scientifiques ambiguës sont exagérées par ceux qui ont un intérêt à défendre une position alarmiste, ce qui augmente les enjeux politiques pour les décideurs qui attribuent plus de crédits à la recherche scientifique qui produit des résultats alarmistes et qui augmentent encore les enjeux. Après tout, qui a envie de consacrer de l'argent à la recherche, qu'il s'agisse du SIDA, de l'espace ou du climat, s'il n'y a rien d'inquiétant ? En fait, le succès de l'alarmisme climatique peut être mesuré par l'augmentation des dépenses fédérales américaines en recherche climatologique, qui sont passées de quelques centaines de millions de dollars avant 1990 à 1,7 milliard de dollars. Il peut aussi être observé dans l'augmentation des dépenses dans les technologies solaires, éoliennes, liées à l'éthanol et au « charbon propre », ainsi que dans les autres investissements liés à l'énergie.» Pouvez-vous commenter cette déclaration?
Réponse : Depuis 20 ans que les données de la science sur les changements climatiques sont connues, pourtant ce n'est que depuis quelques années que des politiques publiques sont en place pour tenter de contrer le phénomène. En fait, ce n'est que parce que ce sont les pires scénarios qui s'avèrent que les pouvoirs publics commencent à réagir. Pour moi, ces actions sont encore trop peu, trop tard.
Il est en effet trop tard pour prévenir les changements climatiques que nous commençons simplement à percevoir. Les investissements qui seront requis pour prévenir les pires conséquences des changements climatiques doivent être beaucoup plus importants que ce que nous percevons actuellement. Surtout, il faudra des mesures cohérentes, c'est-à-dire que nous ne pourrons plus nous permettre d'augmenter les dépenses dans les technologies propres tout en continuant à construire plus de ponts et d'autoroutes et d'augmenter le kilométrage sur les routes.
J'aimerais finalement mentionner qu'on estime à environ 1% du PIB les investissements requis pour prévenir les pires conséquences des changements climatiques. C'est bien peu comparativement aux impacts économiques négatifs, évalués à au moins 5% du PIB. L'impact négatif des changements climatiques sera équivalent à celui de la dernière guerre mondiale sur l'économie. Il est grand temps qu'on s'en occupe! C'est en tout cas le sens profond de mon engagement politique.
Notes :
* : Un sophisme, ou argument à logique fallacieuse, est un raisonnement qui apparaît comme rigoureux et logique, mais qui en réalité n'est pas vrai (à ne pas confondre avec valide). Le sophisme repose sur le moteur du syllogisme. L'adjectif fallacieux désigne ce qui est mensonger. La logique désigne en rhétorique l'art de construire un discours cohérent. Nous avons donc affaire à une contradiction dans les termes. Une logique fallacieuse est une logique fausse indépendamment de la véracité des postulats et de la conclusion.