La publication d'une liste d'homosexuels met le Cameroun en émoi

La publication d'une liste d'homosexuels met le Cameroun en émoi
Le Cameroun, un pays si calme d'habitude, est en pleine effervescence. La quiétude des habitants a été ébranlée par la publication d'une liste de présumés homosexuels en janvier dernier. Ce scandale, qui a fait couler beaucoup d'encre et de salive, a créé un véritable tollé au pays de Paul Biya.

La météo a été le premier journal à publier la liste des homosexuels. Deux autres journaux, L'Anecdote et Nouvelle Afrique, ayant flairé la bonne affaire, ont décidé eux aussi de profiter du filon et de traire la vache à lait jusqu'à la dernière goutte.

Le citoyen camerounais, indigné et extrêmement crédule, s'est rué vers les kiosques. Les journaux se sont vendus comme des petits pains. La demande étant supérieure à l'offre, les prix ont augmenté. Les journaux se vendant habituellement à 300 francs CFA se sont vendus à 5 000 francs.

Le rédacteur en chef de L'Anecdote, François Bikoro Obah, fier de son coup, était aux anges. «Il y a tres longtemps que nos tirages ne dépassaient pas les 5 000 exemplaires. Depuis que nous traitons de l'homosexualité, nous dépassons les 20.000 exemplaires», se rejouissait-il. Son journal, meconnu du grand public camerounais, a connu, en l'espace de quelques semaines, une ascension fulgurante.

Cependant, bien mal acquis ne profite jamais. Sa joie fut de courte durée car des «pirates» ont décidé de lui couper l'herbe sur le pied. Au Cameroun, la contrefaçon est monnaie courante. De nombreuses personnes peu scrupuleuses n'ont pas hésité à faire des photocopies des journaux et les ont vendu au marché noir à des prix exorbitants.

Les patrons des trois journaux se sont plaints. «Nous n'avons rien eu en terme de rentrée financière», déclaraient-ils. «Ce sont les revendeurs qui ont profité sur notre dos. Ils photocopient nos articles pour les revendre à 1 000, 1 500, 5 000 FCFA.»

Manque d'éthique

Le ministre de la Communication, Pierre Moukoko Mbonjo, dont le nom est cité dans ces listes a clamé son innocence et n'a pas hésité à fustiger les journaux pour leur manque d'éthique. «Je ne vois pas comment (ces journalistes) donneront les preuves de leurs allégations, à moins qu'ils ne soient les partenaires de ceux dont les noms sont cités», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

En effet, après la lecture des articles, la déception est grande: on se rend compte qu'aucun travail journalistique n'a été effectue. Le manque flagrant de preuves jette le discrédit sur tous ces articles. C'est tout simplement du commérage de bas étage. Les soit-disant journalistes se sont basés sur des «rumeurs», des «murmures» et des «indiscrétions» pour écrire leurs articles. Ca ressemble surtout à un règlement de comptes.

La liste est divisée en cinq catégories : le gouvernement et les entreprises d'État, la société civile, les operateurs économiques, les hommes d'Église, la culture et le sport. Une cinquantaine de personnes sont dénoncées. Hormis les lions indomptables, personne n'est épargnée. Sur cette liste de nombreuses personnalités, et pas les moindres, sont montrées du doigt : Grace Decca (musicienne), Papillon (musicien), Guy Lobe (musicien), Yannick Noah (ancien tennisman)...

En dénigrant des personnalités aussi connues, ces journaux savaient qu'ils allaient faire mousser leurs ventes. Le peuple camerounais n'y a vu que du feu et est tombe dans le piège, a pieds joints.

Sur ces listes, on retrouve même le nom de certaines personnes décédées dont Rene Owona (ancien conseiller a la presidence de la republique), Ava Ava (député à l'assemblée Nationale) et Engelbert Mveng (membre du clergé).

Ces articles, loin d'être véridiques, sont plutôt divertissants. On peut lire des anecdotes plutôt cocasses. Selon les dires de ces journaux, Nicolas Amougou Noma (délégué du Gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé) est mort après avoir été sodomisé par plusieurs jeunes qui souhaitaient se venger.

Le comble du comble, c'est qu'on retrouve même des hommes d'Église sur ladite liste. Ironie du sort car on se souvient que c'est l'homélie de Victor Tonye Bakot qui avait déclenché les hostilités envers la communauté homosexuelle.

Le 25 décembre 2005, l'archevêque de Yaoundé harangue les foules et les encourage à lutter contre l'homosexualité. «Je dois vous dire que l'homosexualité est un complot contre la famille et le mariage, affirme-t-il. Ne l'acceptons pas chez nous. Ce sont des m½urs contre nature. (...) On expose gravement nos jeunes à cette perversion morale à cause du pouvoir de l'argent. Pour un poste de travail, une entrée dans une grande école, on contraint nos jeunes à l'homosexualité que l'on veut légaliser. (...) L'homosexualité est donc une perversion contre laquelle il nous faut lutter tous».

Son discours avait mis le feu aux poudres. L'homophobie qui était latente au Cameroun est devenue manifeste et, la chasse aux sorcières avait été déclenchée.

Multiplication des procès en diffamation

Dans un pays où l'homosexualité est un délit, ces accusations infondées ont porté préjudice à de nombreuses personnes. La publication d'une telle liste est un coup en dessous de la ceinture. Évidemment, les proces en diffamation se sont multipliés et de lourdes sanctions sont tombées. Cependant, les propriétaires des journaux ne se défilent pas. Ils n'éprouvent aucune once de remords et, si c'était à refaire, ils le referaient sans aucune hésitation.

«Nous nous battrons jusqu'à la dernière goutte de sang», déclare Biloa Ayissi, le (très prosaïque) directeur général du Groupe de Presse l'Anecdote. «Il faut que les gens sachent qu'on encule nos enfants au collège Vogt», poursuit-il. Lors d'une conférence de presse en janvier dernier, ce dernier affirmait que des parents lui ont dit que le principal du collège Vogt «levait sa soutane et sodomisait des enfants dans son bureau».

Le Camerounais moyen se régale. Il lit ces histoires avec delectation. Dans un pays où les inégalités sont criantes, la diffamation est la seule arme dont dispose les pauvres pour voir s'apitoyer les riches. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, chaque fois que les elites sont envoyées au tapis, le peuple se réjouit.

# Posted on Monday, 15 May 2006 at 9:53 AM

Edited on Tuesday, 26 June 2007 at 5:14 AM

Le Cameroun perd les pédales

Le Cameroun perd les pédales
De puis peu, un climat malsain s'est installé au Cameroun. Les scandales à caractère homophobe se succèdent.

En décembre dernier, par exemple, le fils de Theophile Abega (une légende du football africain), pensionnaire à l'école américaine de Yaoundé, égorge son camarade en pleine classe. Selon la version officielle, la victime, Jean-Alex Ndikumana, un Burundais âgé de 17 ans, lui faisait régulièrement des avances. Franck Abega, excédé, a décidé de lui ôter la vie.

Plus tôt dans l'année, au mois de mai 2005, les policiers ont fait une descente dans un club gay de Yaoundé et ont arrêté une vingtaine de personnes.

Ceux qui étaient nantis ont pu être libérés grâce à leurs avocats. Les neuf autres, reniés par leur famille, et incapables de donner un bakchich a leurs geôliers, sont restés en prison.

Au Cameroun, les homosexuels, «cette race d'humanoïdes aussi bas que les cochons», sont fortement méprisés. Dans la hiérarchie sociale, ils sont au fond. Ils viennent juste après les bêtes sauvages car «même les animaux ne se trompent pas d'orifice pour faire l'amour».

Au Cameroun, l'homosexualité est un crime et afin de déterminer leur culpabilité et prouver qu'ils ont eu des relations homosexuelles, le Procureur de la République souhaitait faire des examens médicaux des régions anales des détenus. Ces examens, qui ont déjà été effectués en Égypte, en Roumanie et au Zimbabwe, consistent à introduire des instruments dans l'anus afin de déterminer si les détenus ont eu des relations homosexuelles. Cette méthode repose sur l'idée (erronée ?) que les relations homosexuelles laissent des séquelles.

Partout dans le monde, des associations, dont Amnesty International et l'IGLHRC (International Gay and Lesbian Human Rights Commission), se sont mobilisées et ont exigé la libération de ces «prisonniers de conscience». L'IGLHRC s'est formellement opposée à ce que les examens soient effectués et a envoyé une lettre au ministre de la justice du Cameroun.

«L'État camerounais est sur le point de procéder à des traitements dégradants et inhumains envers ces détenus et de violer sans conteste leurs droits humains (...). Le Cameroun a signé des accords régionaux et internationaux qui interdisent de tels traitements et nous demandons que le gouvernement respecte ses engagements internationaux», déclarait Paula Ettelbrick, la directrice Générale de l'IGLHRC en décembre dernier.

En attendant leur procès et leur éventuelle sentence, les détenus croupissaient dans leur geôle. Inutile de préciser que leur séjour au bagne s'est passé dans des conditions invivables. En effet, les prisons camerounaises sont loin d'être luxueuses. «Les conditions de détention constituent en elles-mêmes un traitement cruel, inhumain et dégradant en raison de la surpopulation, des mauvaises conditions sanitaires et du manque de nourriture», déclarait Amnesty International dans un communiqué.

Après onze mois de détention, les détenus, âgés entre 17 à 35 ans, ont été relâchés en avril 2006. Le procureur, ayant été incapable de fournir des preuves, le juge Tonye a déclaré la procédure nulle. Cette décision courageuse a été applaudie par plusieurs personnes.

Le procureur de la république, qui cherchait à obtenir des preuves, s'est heurté à un violent refus: tous les médecins camerounais refusaient de faire ces examens inhumains. De plus, les témoins convoqués ont également refusé de se présenter au tribunal.

Malgré la liberté obtenue, la vie à l'extérieur de la prison risque d'être encore plus difficile qu'à l'intérieur pour ces «affranchis». Étant donné que la société camerounaise n'est pas très tolérante, la réinsertion sera loin d'être une sinécure.

# Posted on Monday, 15 May 2006 at 9:44 AM

Edited on Tuesday, 26 June 2007 at 5:14 AM

Le Savoir est une arme

Avis aux intéressés: le commerce d'armes c'est rentable. Cependant, ne vous lancez pas dans le business à l'aveuglette. Voici quelques tuyaux qui pourraient s'avérer très utiles pour vous.

Si les marchands d'armes sont aussi riches, c'est parce que ce sont d'excellents businessmen. Leurs affaires sont florissantes parce qu'ils ont tout compris au marketing. Les trafiquants d'armes maîtrisent l'art de faire les affaires.

Des prix compétitifs

Tout d'abord, ils ont des prix compétitifs. Lors du tournage du film Lord of war, le réalisateur Andrew Niccol, plutôt que d'utiliser des armes factices, il a préféré acheter 3000 Kalachnikovs réelles car c'était beaucoup plus économique.

Idem pour les tanks. «C'était même moins cher d'utiliser de vrais tanks plutôt que de les recréer en images de synthèse», confie-t-il.

Le produit

Vendez des Kalachnikovs (alias AK-47), vous ne pouvez pas vous planter. Cette arme se vend mieux que la vodka. En effet, depuis la fin de la guerre froide, le AK-47 est le produit russe qui s'exporte le mieux. Viennent ensuite la vodka et le caviar.

Fabriquée en 1947, cette arme a su résister à l'épreuve du temps. C'est le fusil d'assaut la plus populaire dans le monde. Durant les 50 dernieres annees, plus de 90 millions de kalachnikovs ont été produites.

Robuste, demontable, fiable, facile a entretenir, cette arme très légère, est simple à manipuler. Dote Chargeur de 30 cartouches, ce fusil a une grande précision jusqu'à plus de 300 mètres. Partout dans le monde, on lui voue un véritable culte. Vous pouvez la voir sur le drapeau du Mozambique ou sur les pièces de monnaie russe.

Pourquoi les kalachnikovs sont-elles si populaires? Parce qu'elles ont un excellent rapport qualité prix. Avec 400 euros, vous pouvez en acheter une neuve.

Un service à la clientèle irréprochable

« Je suis allé en République Tchèque, raconte Andrew Niccol, et, j'ai trouvé un type qui possède, à titre privé, 100 tanks T-72 russes. Cela ne lui a posé aucun problème de me les louer (...) Quand un type vous dit «je peux te livrer 50 tanks et je te les apporte mardi à 9h du matin» vous êtes sûr de les y trouver tous parfaitement alignés». Livraison a domicile, aucun retard. Ca, c'est du service à la clientèle. C'est avec plaisir qu'on leur donne un pourboire. Les pizzerias du coin devraient en prendre de la graine.
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# Posted on Thursday, 06 April 2006 at 8:09 PM

Arretez votre char

Arretez votre char
A tous les sommets du G8, les pays industrialises disent qu'ils souhaitent venir en aide aux pays en développement. C'est de la mascarade. De qui se moque-t-on? Les pays industrialises vendent des armes aux pays africains et s'enrichissent au détriment de ces peuples.

Le public est souvent prompt à montrer du doigt des marchands d'armes indépendants comme Victor Bout, Arcadi Gaydamak ou Pierre Falcone. Cependant, ces ''pauvres'' trafiquants ne sont que des boucs émissaires (voire les dindons de la farce).

Contrairement, à la croyance populaire, 80 à 90 % des ventes d'armes à feu dans le monde sont régis par les gouvernements. Les ventes des marchands d'armes free-lance comptent pour du beurre.

«Le plus grand trafiquant d'armes dans le monde est le président des Etats-Unis, qui vend plus d'armes dans une journée que moi dans une année», affirmait Yuri Urlov, le personnage incarne par Nicolas Cage dans le film Lord of war.

En effet, en 2001, les Etats-Unis arrivaient en tête des ventes d'armes aux pays en développement. Suivis de près par la Russie, la Chine, la France et la Grande-Bretagne. Bref, les cinq membres permanents de l' O.N.U.

La vente d'armes aux pays en développement représentent un montant supérieur à l'aide qui leur est attribuée. La pseudo-aide accordée à ces pays est dérisoire.

Face a un tel constat, on n'a qu'une seule envie: paraphraser le grand penseur noir, Kanye West qui a dit récemment sur les ondes de NBC : «George Bush doesn't care about black people» (NDLR : Bush s'en fout des noirs).

Quelques statistiques intéressantes

En 2005, il y a plus de 630 millions d'armes à feu en circulation dans le monde. Chaque minute dans le monde, 15 armes sont produites. Il y a une arme pour dix personnes sur la planète. Chaque minute dans le monde, une personne meurt a cause d'une arme a feu.

# Posted on Wednesday, 05 April 2006 at 8:01 AM

Edited on Wednesday, 05 April 2006 at 6:21 PM

UN MERCENAIRE À L'UNESCO

UN MERCENAIRE À L'UNESCO
Lorsque l'Angola a élu Pierre Falcone (un homme d'affaires français) comme représentant du pays a l'UNESCO, l'opposition angolaise a crié au scandale et a qualifié cette nomination de "trahison" envers le peuple angolais.

«La nomination a été faite conformément au droit international et au respect de l'accord entre la France et l'Unesco», a déclaré le régime angolais dans un communique. A travers cette nomination, le gouvernement de l'Angola, veut remercier Pierre Falcone pour sa «contribution en faveur de l'Angola».

De quelle contribution parle-t-il? Il y a anguille sous roche. Comment expliquer cette mystérieuse amitié entre Pierre Falcone le président Dos Santos? Pourquoi l'Angola va-t-elle nommer un homme d'affaires français comme ambassadeur à l'Unesco? Afin de bien comprendre les tenants et les aboutissants de cette affaire, il est nécessaire de faire un petit flashback.

C'est évident : Pierre Falcone et le président Dos Santos s'entendent bien. Pourquoi? Parce que lorsque le chef d'état angolais avait besoin d'armes afin de vaincre les forces de l'UNITA de Jonas Savimbi, Pierre Falcone lui a livre la marchandise. Lorsque Pierre Falcone a eu des ennuis judiciaires en France, le président Santos est venu à sa rescousse.

Le 10 juin 2003, l'Angola nomme Pierre Falcone comme ambassadeur de ce pays à l'UNESCO. Cette man½uvre, loin d'être innocente, avait pour but de conférer l'immunité diplomatique à cet homme d'affaires véreux.

Depuis sa nomination, Pierre Falcone ne s'est jamais présenté à l'UNESCO. Sa promotion lui a surtout permis de quitter la France où il était sous contrôle judiciaire. Il était mis en examen pour «trafic d'influence, commerce illicite d'armes sans autorisation, fraude fiscale et abus de biens sociaux et abus de confiance».

En janvier 2004, le juge Phillipe Couroye a lancé un mandat d'arrêt international contre Pierre Falcone car il estime que ce dernier ne peut bénéficier de l'immunité diplomatique étant donné que les crimes qui lui sont reprochés ont été commis avant qu'il accède au statut de diplomate. «Je suis un innocent crucifié!», déclare Pierre Falcone. Malgré toutes les preuves qui l'accablent, ''l'ambassadeur angolais'' continue à clamer son innocence.

Pierre Falcone et son ami Arcadi Gaydamak sont impliqués dans le scandale surnommé: "Angolagate". De 1993-1994, les deux hommes ont vendu, pour près de 550 millions d'euros, des armes au président angolais, malgré les interdictions. Cette affaire a soulevé un véritable tollé en France et de nombreuses têtes sont tombées dont celles de Jean-Christophe Mitterrand, le fils de l'ancien président français.

De 1986 a 1992, le fils aîné de François Mitterrand a travaillé a l'Élysée en tant que conseiller pour l'Afrique. Grace à ce poste, il a pu se bâtir un solide réseau de contacts. Lorsque Pierre Falcone avait besoin d'un intermédiaire pour vendre ses armes en Angola, il a fait appel à celui-ci.

Pierre Falcone aurait versé à Jean-Christophe Mitterrand plus de trois millions de dollars dans un compte en Suisse. On ignore ce que Jean-Christophe Mitterrand a fait pour obtenir un tel revenu. Cependant, c'est la non déclaration de ces revenus a mis la puce a L'oreille des enquêteurs. La morale de l'histoire: il ne faut jamais essayer de frauder le fisc...
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# Posted on Wednesday, 05 April 2006 at 7:51 AM

Edited on Wednesday, 05 April 2006 at 6:02 PM